Contexte historique

HISTORIQUE DE LA CDU

La Corporation de développement urbain du Faubourg Saint Laurent a été créée en 1993. Un certain nombre de citoyens riverains ont alors clairement identifié qu’ils devaient se regrouper et se doter d’un outil afin de relancer le développement de ce secteur du centre ville au prise avec de graves problèmes sociaux et économiques.

Ce regroupement des forces vives du milieu mènera à la création d’une association volontaire dont la mission sera de susciter et réaliser un développement cohérent du territoire. La CDU, comme on l’appelle familièrement, a compté certaines années jusqu’à 60 membres qui se cotisent pour financer leur association.

Très rapidement, les membres de la CDU ont identifié les axes du savoir et de la culture comme pôles du développement qu’ils souhaitaient. L’association se dote d’un slogan identitaire : « Le cœur de la cité culturelle » et elle met au point le concept de « créapole » qui vise à faire du Faubourg Saint Laurent un centre de culture et de savoir. En y accueillant et développant des organismes et institutions dédiés à ces vocations.

Depuis, la CDU s’est concentré à la revitalisation urbaine du Faubourg Saint-Laurent en initiant ou accompagnant de grands projets à caractère culturel ou éducatif : la Grande Bibliothèque, le Cinéplex Quartier latin, l’Ilot Voyageur, la Maison du prêt d’honneur, le Club Soda et la Société des arts technologiques. Elle s’intéresse également au développement résidentiel du quartier et s’investit dans des projets comme le SLEB ou les résidences du groupe Aquilini.

Plus récemment, la CDU a été l’un des initiateurs de la coalition qui visait à ramener le CHUM au centre ville.

En 1999, la Corporation a accueilli favorablement le projet de « Quartier des spectacles » de l’ADISQ afin de créer un milieu plus accueillant pour les quelques 23 salles de spectacles situées dans le périmètre du Faubourg Saint Laurent. La CDU a accueilli l’ADISQ parmi ses membres, et s’est battu à ses côtés pour faire du Quartier des spectacles le projet vedette du Sommet de Montréal en 2001.

Malgré ces succès, l’association a traversé à l’automne 2006 une crise grave. Deux facteurs expliquent ses difficultés :

  • •la volonté de l’association de se transformer en SDC afin de se doter d’une base financière fiable et stable. Convaincu du succès de cette initiative, un certain nombre de ses membres n’ont tout simplement pas renouvelé leurs cotisations.
  • la mise sur pied en 2003 du Partenariat du quartier des spectacles dont la vision d’aménagement du territoire semblait dédoubler celle de la CDU.

 

L’AVENIR DE LA CDU

En novembre 2006, l’échec de la constitution d’une SDC a donc mené à une certaine démobilisation des membres de la CDU. Une question évidente s’est alors posée : devant le peu d’intérêt des commerçants et places d’affaires du quartier de se constituer en association : est-il réaliste de recruter suffisamment de membres pour constituer une association volontaire ?

De réunions en réunions, de consultations en consultations, un certain nombre de membres du Conseil d’administration de la Corporation ont alors entrepris de réfléchir à cette question ainsi qu’à l’avenir de l’organisme.

Un consensus s’est rapidement dégagé : le Faubourg Saint-Laurent ne serait pas le même aujourd’hui sans l’existence et les interventions de la CDU. La plupart des promoteurs qui ont réalisé des projets dans le quartier reconnaissent l’importance qu’a eu l’accompagnement de la CDU pour la réussite de leur projet. Il n’y a pas nécessairement de lien entre le refus de petits commerçants de constituer une SDC et le besoin d’un lieu de concertation qui regroupe les forces vives du quartier : les nombreuses salles de spectacles, des institutions culturelles comme la Grande bibliothèque, les institutions d’enseignements comme l’UQAM ou le CEGEP du Vieux Montréal, le grands sièges sociaux comme Hydro-Québec et Bell.

Les arguments à l’appui du besoin d’un lieu de concertation sont nombreux :

  • La nature a horreur du vide. Tôt ou tard, les riverains du quartier sentiraient le besoin de se créer un outil de représentation.
  • Bien qu’actif dans le même périmètre, le mandat du Partenariat du Quartier des spectacles (PQDS) est spécifique à cette vocation particulière. Sa mission n’est pas de développer une vision d’ensemble du développement du quartier ni de s’intéresser aux problèmes sociaux et économiques. L’action du PQDS, bien qu’importante pour le quartier, ne peut donc remplacer une association de riverains qui se prennent en main, et encore moins les représenter.
  • Peu importe la forme, les riverains du quartier ont besoin d’une représentation auprès des élus et auprès des institutions et groupes à l’œuvre dans le quartier. Cela est encore plus vrai avec l’arrivée prochaine du CHUM et le projet de quartier des spectacles, qui bouleverseront de façon profonde l’apparence et la vie du Faubourg Saint Laurent.
  • Au cours de l’exercice de constitution d’une SDC, il est devenu clair pour plusieurs qu’une association essentiellement composée de commerçants ne serait pas représentative du milieu et qu’il fallait aller vers une structure qui permettrait de réunir à une même table à la fois les institutions d’enseignement, les organismes culturels, les commerçants et les places d’affaires présentes dans le quartier.
  • Le maintien de la CDU permettra d’explorer d’autres formes d’associations mieux adaptées au milieu et éventuellement de proposer un projet de regroupement qui conviendra mieux à l’identité particulière du quartier.

Conséquemment, et pour toutes ces raisons, il est apparu au Conseil d’administration, après consultation des membres, qu’il était impérieux de maintenir en place la Corporation de développement urbain du Faubourg Saint-Laurent et de la développer pour la rendre plus représentative et mieux adaptée.

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